La dérive des médias de masse

 

L’importance des médias aujourd’hui est immense, les médias n’ont jamais eu un impact aussi grand sur notre vie et nos comportements au cours de l’humanité. Dès sa petite enfance, l’enfant est assis devant la télévision, des images défilent devant ses yeux et son esprit encore si malléable :

 

« Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Le divertir, le détendre pour le préparer entre deux messages [publicitaires] (...) Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » Patrick Le Lay, PDG de TF1

 

TVmagasine 14 164 000 lecteurs
Version Femina 9 230 000 lecteurs
TéléZ 8 695 000 lecteurs
Le Monde 2 129 000 lecteurs
Libération 901 000 lecteurs

 

Ces revues évacuent la réalité des classes, elles s'intéressent à des personnes dont l'appartenance sociale est confuse en faisant référence aux « stars », à la télé-réalité.

Enormément de magazines publient sur ce sujet, les journaux possèdent une rubrique « célébrités ». Ces informations aussi bien présentent sur les supports écris que audiovisuels brouillent la frontière entre nous et ces célébrités. Nous nous intéressons aux potins, aux détails de leur vie, aux détails de leur garde-robe, mais pas à leur travail, ce qui était à l'origine de notre intérêt. Quelle est la dernière robe de Rachida Dati ?

 

On propose un modèle individualiste aux lecteurs. On s'en sort tout seul, on se construit tout seul (le tristement célèbre et mensonger self made man américain), mais en attendant que vous soyez devenu célèbre, vous êtes prié de consommer : acheter les accessoires des stars, les produits dérivés, etc. Certes le ton dominant est l’impertinence, mais pas du fond ou du système, c'est la contestation de l'accessoire ! Le message donné est la conformité, mais tout en étant différent grâce aux accessoires.  L'absence de discours moralisateurs et la volonté explicite de défendre l'ordre social est soigneusement évitée.

 

La publicité est complètement intégrée dans les magazines. Prenons l'exemple de Femme Actuelle. Sur une centaine de page, il y en a 36 de publicités ! Et que trouve-t-on dans les autres pages? On nous présente des produits de beauté et des articles de modes, le tout accompagné de leur prix...

 

L'influence des médias, l'illusion du choix des informations auxquelles nous accédons, le phénomène de groupe – et son identification- sont un ample processus d'acculturation et d'homogénéisation du peuple.

 

Selon le designer R.Hamilton, « la culture populaire (c'est-à-dire conçue pour une audience de masse) se définit comme un outil facile se diffusant à court terme, bon marché, produit en série, destiné à la jeunesse, spirituel, sexy, truqué, séduisant. »

 

Cette définition peut ainsi s'appliquer et expliquer le succès international de groupes de Pop Music qui inondent aujourd'hui nos écrans de télévision dont l'esthétique et le contenu artistique se veulent représentatifs d'une société tournée vers la consommation de masse.

En prenant ainsi l'exemple d'un groupe de musique, une maison de disque qui voudrait en créer de toute pièce, pourrait appliquer les caractéristiques de la définition d'Hamilton :

Audience de masse (radio, télévision, Internet, disques et baisse des prix des supports qui permettent d'utiliser ces outils…) Ephémère et vite oublié (effet de mode, de nouveauté donc remplacé par un autre dès les premiers signes de faiblesse commerciale) Bon marché (les supports de diffusion comme les disques ou Internet coûtent peu à fabriquer dans une production de masse) Musique véhiculée par des chanteurs jeunes, spirituels, sexy et séduisants.

            Bien que ce soit le principal système connu dans notre quotidien, étant endoctriné depuis notre plus jeune âge par ce processus subliminal il ne faut surtout pas se laisser dire qu’il ne peut pas y en avoir d’autres. C’est alors à chacun de nous et à l’ensemble de la gauche de construire et d’établir un système alternatif.