L'échec du sommet de Copenhague ou le triomphe du capitalisme vert.

Le sommet de Copenhague réunit du 7 au 18 décembre 2009 sous l'égide des Nations Unies devait sceller un nouvel accord sur les enjeux environnementaux et climatiques du monde. Après ce sommet qui réunissait 192 pays et nombre d'ONG de défense de l'environnement, « plus rien ne devait être comme avant », tout allait changer, les formules en tout genre désignant l'après Copenhague de manière positive n'ont pas manqué d'inonder la presse. Les grandes puissances ayant pris conscience des problèmes écologiques et des revendications des pays du Sud économique sont prêtes à changer. Bref, c'était le sommet de l'espoir, le sommet d'une nouvelle ère qui devait s'ouvrir pour l'Humanité. Mais très vite, cela s'est transformé en sommet de la déception, celui-ci ne répondant aux espérances suscitées. Mais est-ce réellement surprenant ? Fallait-il s'attendre à de grands changements ?


Longtemps avant le sommet, les médias, les observateurs en tout genre avaient préparé le terrain, vanté les volontés de changement des grandes puissances et prévu le changement que devait introduire les résolutions prises dans la capitale danoise. Mais chassez le naturel et il revient au galop. EffecCopenhaguetivement, on a bien vu rejaillir lors de ce sommet la nature même du capitalisme à travers le comportement de ses leaders. Sauver la planète oui, mais à condition que cela ne reme tte pas en cause le mode de production capitaliste, la sacrosainte croissance économique et les intérêt s financiers des grands groupes. Sauver la planète oui, mais seulement si c'est rentable. Le marché des droits à polluer, quelle aubaine pour les capitalistes, ça pourrait rapporter gros ! Et de plus, c'est moralement juste puisque c'est pour défendre l'environnement... En France, nous connaissons un exemple de cette fausse politique écologiste : une taxe carbone sur les ménages ou comment faire payer au peuple la double addition de la crise sociale et écologique dont ils ne sont pourtant pas les responsables mais bel et bien les tragiques victimes. Voici donc le capitalisme vert réuni en grande pompe à Copenhague. Pourtant, tout le monde ne l'entendait pas de cette oreille. Des ONG, des pays du Sud, notamment les pays de l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique (ALBA), et de nombreux manifestants étaient vraiment à Copenhague avec une volonté de changement. Mais là, tout le mépris des grandes puissances s'est mis à l'œuvre. C'est tout juste si les Obama, Sarko et compagnie écoutaient ce qu'avait à dire ces ONG et ces pays. La répression dont ont été victime les manifestants témoignent aussi de ce mépris. De toute manière, ce n'est pas là que se jouait le sort du monde, mais dans les coulisses. Entre grandes puissances s'est déroulé une sorte de G20 secret profondément antidémocratique en ignorant totalement les autres et ce qu'ils avaient à dire, et qui a débouché sur un accord creux, non contraignant se contentant de grandes déclarations de principe. Ainsi, rien ne change réellement en attendant le prochain sommet international du genre.

 

« Si le climat était une banque, ils l'auraient déjà sauvés ! » Hugo Chavez, Président du Venezuela citant les manifestants dans les rues de Copenhague

 

Mais cette fois-ci la duperie a été trop grande, le mépris des peuples et de l'environnement trop profond pour que même les médias les moins soupçonneux déclarent ce sommet comme un échec. Un échec certes prévisible, mais un échec tout de même pour tout ceux qui souhaitaient un véritable changement. Même en se construisant une image verte, le capitalisme par sa nature même est incompatible avec l'écologie et incapable de répondre aux besoins sociaux. D'où la toujours plus grande nécessité à dépasser ce système moribond, à dépasser l'exploitation capitaliste du genre humain et des ressources naturelles. Les communistes sont parties prenante de ce combat. Et dans ce sens, nous donnons rendez-vous à tous à la Conférence mondiale des Peuples sur le changement climatique qui se tiendra à Cochabamba en Bolivie du 20 au 22 avril 2010. Cette conférence est une réponse directe à la mascarade de Copenhague puisque elle a comme objectif véritable de sauver la Pachamama (Terre Mère) et l'Homme, et non pas de redonner une justification morale, une image écologiste au système capitaliste dont nous avons déjà dit l'incapacité à répondre aux besoins sociaux et écologiques. Nous espérons donc que cette Conférence mondiale des Peuples aboutisse vraiment à un accord qui s'engage dans une vraie politique écologique et sociale (car les deux sont intimement liés) et arrive à faire entendre une autre voix que celle des grandes puissances, et montrer qu'un autre chemin est possible pour l'Humanité. Ainsi, « Socialisme ou Barbarie ? », l'alternative posée par Rosa Luxembourg au début du siècle dernier est d'une actualité toujours plus brûlante. Pour nous le choix est clair!