Elections régionales : le bilan

 

L'élection régionale passée, l'heure des analyses est arrivée. Et que pouvons nous retenir de cette campagne?

Sur le plan national, c'est la défaite de la droite et plus précisément de la droite présidentielle qui retient notre attention. La gauche a gagné 21 régions dont la Guadeloupe. Ce vote est dicté par une volonté de rejet de la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement.

 En revanche, le résultat du Front national est inquiétant. Il est la conséquence du retour des thèmes de l'insécurité et de l'immigration voulu par la droite. Le meilleur agent électoral de l'extrême droite n'a-t-il pas été Éric Besson et sa volonté de tenir des débats sur le thème de l'identité nationale ? Encore un domaine ou la droite a échoué.

Force est de constater que ce résultat de l'extrême droite rend plus nécessaire que jamais la construction d'une véritable politique sociale et solidaire, sans laquelle sa propagande haineuse continuera de tromper une partie de l'électorat.

 

L'autre constat que l'on peut faire est que l'abstention reste forte. Cette abstention massive est le signe du discrédit durable des discours politiques dominants jugés inefficaces; la traduction d'un manque d'alternative crédible à la politique impitoyable de ceux qui dominent. Les femmes et les hommes qui s'abstiennent -notamment dans les quartiers populaires- ne le font pas par indifférence. Ils et elles se sont constitués peu à peu des raisons de ne pas aller voter. C'est un défi que la gauche se doit de relever. Rétablir la confiance appelle des actes politiques et des choix budgétaires qui permettent de redonner confiance dans l'intervention publique.

 

Sur le plan local nous pouvons nous réjouir, nous militants du Front Lorrain de Gauche, d'avoir eu la possibilité de participer à une expérience politique et humaine enrichissante, qui nous a permis de travailler dans l'unité, chose peu facile à appliquer mais si constructive quand elle est réalisé.

Pour ce qui est de notre résultat: 3%, il est modeste certes, mais nous pouvons rester optimiste en sachant que ce pourcentage cache plus de 19 000 électeurs. 19 000 personnes nous on fait confiance, malgré nos particularités (sans le PCF en tant que tel et sans étiquette officiel du Front de Gauche) et le peu d'intérêt des médias à nous rendre audible. Il restera des regrets, et d'abord celui de n'avoir pas pu réunir sous une même liste Front de Gauche toutes les organisations dites de « gauche de la gauche » dans notre région. Si cette unité avait pu être faite dans sa totalité, la barre des 5% aurait été franchie, et une nouvelle force politique de contestation en serait sortie. Mais ce n'est que partie remise.

 Dans le reste des régions de France nous faisons le constat que le Front de Gauche s'installe dans le paysage politique. Il redonne à nos concitoyen-ne-s l'espoir d'une gauche de combat capable de donner à voir des politiques différentes des logiques dominantes appliquées depuis des années à la tête du pays.

Au delà des élections, ne perdons pas de vue qu'ils nous faut rester aux cotés de celles et ceux qui luttent. D'ailleurs dés le 23 Mars nous étions déjà dans la rue, et le 20 Avril nous y serons également, pour défendre notre système de retraite qui sera le grand thème sociale des mois à venir.